Stress des cadres
le mal et les remèdes !
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L'évocation du malaise des cadres que l'appellation « stress » caractérise commodément aujourd'hui est si largement utilisé que le terme recouvre tout et son contraire.
Plus que malaise il est question de maltraitance d'un nombre croissant de cadres, pas de tous bien sûr.
Beaucoup des causes de cette situation ne sont pas nouvelles. Des enquêtes et autres études les révèlent régulièrement au grand jour. Comme toujours, un marché est né de ce constat. Sous de multiples formes, il organise l'accompagnement de l'individu stressé. Ce faisant, et subrepticement s'installe l'idée que ce dernier est la cause principale de son malaise vite qualifié de mal être. Ce glissement sémantique est d'autant plus cruel qu'il semble anodin. Pourtant en appeler à l'être revient à en appeler à l'intime de chacun. Et pour l'entreprise externaliser l'accompagnement du traitement de ce mal être revient à s'en laver les mains à la façon du patron d'autrefois traitant pareil problème d'un tonitruant « mais secouez vous mon vieux .... ».
Pareil position est inacceptable car elle engendre la dépossession du libre arbitre et l'altération de l'individu concerné, alors installé sur une pente où les abandons succéderont aux abandons.
Alors osons l'alternative, celle d'une reprise du contrôle par le cadre de ses intérêts en opposant une résistance qui peut être passive. Pourquoi à ce stade ne pas considérer qu'un droit à l'opposition régulée puisse s'installer dans l'entreprise. Ce n'est bien sûr pas la tradition mais toute tradition n'a pas vocation à perdurer quand les conditions objectives ne le justifient plus. Cette tradition est née du temps où le chef d'entreprise plutôt appelé patron, était « seul maître à bord après Dieu » et que le travail du grand nombre se résumait à obéir à des ordres. Ce temps n'est plus et l'appel à l'initiative et à la créativité des salariés, notamment des cadres, n'aura de pleine efficacité qu'à la condition d'avoir pleine liberté.
Naturellement comme ailleurs utilisé par un seul, l'opposition manque de force. La concevoir collectivement évite cette faiblesse tout comme celle de de glisser vers l'irréductible et le systématique.
Eric PERES
Secrétaire général
Pour en savoir plus:
Dossier Stress au travail