Pour un réformisme militant !
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Face à la montée des exclusions et de la précarité, la responsabilité du syndicalisme libre et indépendant est de refuser l'inéluctable. Un refus qui passe notamment par l'action conjuguée d'une déconstruction du discours de la pensée économique néo-libérale et d'une reconstruction de la multitude des revendications salariales autour de l'idée que la défense des intérêts individuels et collectifs de tous les salariés est source de progrès et de justice sociale.
Loin de se substituer aux rôles des partis politiques dans la définition de projet de société, le syndicalisme libre et indépendant ne reste pas indifférent au choix de société. Pour exemple, défendre les valeurs républicaines et au travers elles la sauvegarde du service public indispensable à la cohésion sociale mais pourtant mis en péril par la logiqe comptable de la RGPP – exemple de l'hôpital public au bord de l'asphyxie - exige de se faire entendre.
Ce rôle peut se résumer en une formule chère à FO: « révolutionnaire dans ses aspirations, réformiste dans sa pratique ». Aucun niveau d'action ne doit être oublié. De l'entreprise à l'international, le syndicalisme libre et indépendant est celui qui refuse de voir ses revendications s'enfermer dans un faux dilemme en forme d'alternative : ou bien accompagner et gérer la gestion d'une logique économique au nom de la modernité, d'un consensus de bon teint ou bien refuser toute négociation et toute perspective de réforme avec comme seul objectif l'abolition du capitalisme dans une version actualisée du grand soir.
Le syndicalisme réformiste et militant, est celui qui construit pas à pas les conditions d'une meilleure protection sociale, ouvre par l'engagement collectif les voies du progrès et de la justice sociale,. Ces combats que d'aucuns jugent archaïques et passéistes revêtent au contraire une dimension éminemment moderne. Forte de son indépendance, libre de ses actes et fière de ses revendications, FO continuera à défendre ce réformisme militant notamment par le recours à la pratique contractuelle et à la négociation collective sans renoncer pour autant à s'opposer à la relégation dans le silence de celles et ceux qui ont toute les raisons de lutter, de protester et de revendiquer sur les bases de l'indépendance syndicale, de la liberté de comportement de l'exigence et la détermination dans l'action pour résister et refuser l'inéluctabilité du déclin.
Car il n'y a pas de réformisme sans contestation et pas de syndicat sans revendication.
Eric PERES
Secrétaire général