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Du bien-fondé de la réforme au réformisme idéologique



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Le programme de réformes poursuivi par le gouvernement à grands renforts médiatiques fonctionne comme un puissant mot d'ordre. Un puissant mécanisme idéologique qui conduit au démantèlement des pans entiers de l'Etat social, concourt à l'asphyxie des services publics, marginalise le paritarisme, précipite la protection sociale dans les bras du secteur marchand, et sous-évalue l'enjeu des politiques industrielle, d'innovation, de recherche et de développement.
A quoi s'ajoute les nouveaux dispositifs de sanction des demandeurs d'emploi refusant deux offres d'emploi « raisonnables», la fin des 35 heures, la banalisation du travail du dimanche. Sans oublier bien évidemment le passage à 41 ans de cotisation pour une retraite à taux plein.
Associées à une politique d'austérité budgétaire, ces réformes en cours, qui n'ont de réforme que le terme, sont des révolutions conservatrices d'un type nouveau qui se réclament du progrès pour justifier une succession de reculs sociaux et renvoyer dans l'archaïsme la justice et le progrès social. Elles constituent en normes les nouvelles régulations abandonnées à la seule logique de la rationalité économique, le fond de commerce des partisans du « laissez-faire » pour qui la défense des services publics républicains et des acquis sociaux est décrite comme conservatisme archaïque.
De la à supposer que le sens de la réforme ne se transforme pour s'épuiser dans une obscure finalité politique au profit des grandes transformations rêvées par les tenants de l'ordre et les détenteurs du pouvoir économique et financier et permettre aux élites économiques et politiques acquises à ces orientations d'obtenir une adhésion majoritaire de la population, il n'y a qu'un pas.

Sous les pressions libérales, la réforme devient la justification idéologique pour abroger une à une les protections les plus élémentaires des salariés. De déréglementation en déréglementation, l'addition s'alourdit et fait froid dans le dos.

Pour autant, la réforme ne contient pas en elle-même la force du changement. Cette force lui vient du cadre social qui la sous-tend, l'impose ou la suppose et de la relation sociale qui s'instaure à son sujet. En d'autres termes, si le principe de la réforme n'appelle pas d'hostilité particulière, son contenu doit en revanche faire l'objet d'un examen approfondi et d'une analyse critique qui peut aboutir au refus de la réforme. Un refus progressiste comme celui notamment des politiques économiques néolibérales qui, sous couvert d'une plus grande liberté recouvrée, font du profit la mesure de toutes choses, l'érigeant en principe d'évaluation exclusif.

C'est ce refus progressiste que FO oppose aux différentes contre-réformes, comme celui de l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans pour l'obtention d'une retraite à taux plein.
Mais un tel refus ne signifie nullement un refus du principe de la réforme tout court.

Est-il besoin de rappeler que FO place la pratique réformiste au premier plan de sa pratique syndicale. Une conception qui privilégie la voie de la politique contractuelle pour négocier les accords collectifs au niveau interprofessionnel, au niveau de la branche comme au niveau de l'entreprise.
Une pratique syndicale respectueuse de la République et de sa devise liberté, égalité et fraternité. Liberté de chacun de ne pas adhérer à un syndicat sans pour autant être exclu des droits collectifs négociés par les interlocuteurs sociaux. Egalité pour offrir au plus grand nombre de salariés les mêmes droits sociaux issus d'accords collectifs et ce quels que soient la taille de leur entreprise, leur situation géographique, leur secteur d'activité. Fraternité enfin pour assurer la défense de la solidarité à travers les dispositifs de protection sociale.

Une conception républicaine du dialogue social qui a conduit à ce que plus de 80% des salariés français soient couverts par un accord collectif, soit le plus haut niveau de protection en Europe.

Mais qu'en sera-t-il demain de ces garanties collectives ? Quel avenir peut-on réserver à ces acquis sociaux face aux menaces que fait peser sur les droits des salariés la dite position commune sur la représentativité signée entre le MEDEF, la CFDT et la CGT ? Une position commune qui consacre l'entreprise comme premier niveau de négociation. Un niveau qui comme chacun sait est moins favorable aux salariés tant il contribue à atomiser la relation sociale, encourage le corporatisme d'entreprise et permet de déroger aux accords collectifs de branches par le principe de l'accord majoritaire.

Plus encore, comment la CFDT et la CGT ont-elles pu se rendre complices d'un tel texte alors même que l'organisation patronale n'a jamais caché sa détermination depuis la refondation sociale de réduire les droits sociaux des salariés en mettant notamment un terme à cette hiérarchie des normes ? Ce principe de faveur, qui veut qu'un accord collectif ne puisse prévoir de disposition moins favorable au salarié que ceux de niveaux supérieurs.
Comment expliquer enfin que ces deux centrales syndicales aient pu malgré les avertissements de FO et des autres organisations syndicales engagées dans la négociation, accepter sans résistance aucune que soit traitée dans un texte concernant la représentativité la question de la dérogation du temps de travail. Une brèche ouverte qui permettra au gouvernement de poursuivre sa politique de déréglementation et de justifier en toute logique dans son projet de loi actuel non seulement la fin des 35 heures mais le début des heures sans fin.

Pourtant il était encore possible avant le 17 juin de défendre les 35 heures et d'affaiblir l'offensive du gouvernement. Il fallait pour cela que ce dernier ne puisse plus se prévaloir de la position commune. Dans cette perspective le retrait de la signature de la CGT et de la CFDT s'imposait plus que jamais. Une option qu'écarteront les deux centrales syndicales, préférant préserver leur « accord » sur la représentativité et crier de concert avec le MEDEF à la « trahison ».

Mais aujourd'hui ce sont les salariés qui crient à la trahison. Des salariés accablés par la dégradation de leur pouvoir d'achat, inquiets des menaces sur leur retraite et sur leurs conditions de travail. Des cadres désabusés qui verront leur charge de travail s'intensifier. Selon nos calculs et en reprenant la mention du projet de loi « le nombre maximal de jours travaillés devra être compatible avec le repos quotidien, hebdomadaire et les jours de congés payés », le plafond des cadres au forfait jours pourrait atteindre 273 jours, soit 3549 heures de travail par an et pas moins de 25 % de travail en plus.
En tout état de cause, ce ne sont pas les garanties proposées dans le texte du gouvernement qui parviendront à les satisfaire : entretien annuel sur la charge de travail ou une action spécifique devant le conseil de prud'hommes.

Mais des salariés aussi qui en ont assez de croire, de manifestation en manifestation à un possible sursaut énergique et massif pour faire barrage à l'acharnement idéologique du gouvernement. Des salariés qui en ont assez de ces luttes pour le monopole syndical et de ces logiques d'appareils qui finissent toujours par sacrifier la défense de leurs intérêts au profit des conservatismes bureaucratiques.

Il va de soi que FO est opposée au démantèlement des 35 heures et que l'ensemble de ses militants, comme ceux des autres organisations syndicales défendront les accords collectifs existants.
Mais si nous sommes tous d'accord pour condamner les attaques portées contre l'ensemble des acquis sociaux, le temps est venu d'agir pour redonner espoir à des millions de salariés et de retraités. La défense du pouvoir d'achat, le respect du droit à la retraite à 60 ans, le maintien des 40 ans de cotisation pour une retraite à taux plein sont plus que jamais des exigences qui appellent à la résistance collective.

Eric Peres
Secrétaire Général FO-Cadres

Elections prud'homales 2008


Le bonheur au travail... Episode 5




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Elections prud'homales
Le 3 décembre 2008


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