La crise....de conscience !
01/02/2010
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Alors que la finance internationale, sourde aux exigences de réglementation et de régulation se refait une santé avec la même avidité et les mêmes outils financiers qu'avant le début de la crise, le chômage, la pauvreté et la précarité progressent honteusement.
Une situation qui ébranle l'ensemble des dimensions constitutives du travail quotidien et de la relation salariale. Et conduit à penser que la modernité n'est alors pas ou plus forcément synonyme de liberté, d'épanouissement, de protection et de sens pour l'individu.
La critique du libéralisme financier et de ses thuriféraires emporte dès lors une large adhésion chez les salariés allant jusqu'à ne plus être un tabou pour des cadres historiquement acquis à l'esprit même du capitalisme. A la condamnation de la logique financière et des stratégies d'entreprise, critiques les plus répandues parmi les cadres, s'ajoutent désormais celles liées aux modes de rémunération des dirigeants des grandes entreprises.
L'impermanence de leur emploi à la lumière de la chute vertigineuse des offres confiées à l'Apec en recul de 31% sur un an, tout comme les drames provoqués à la suite des restructurations brutales et les plans de licenciement massifs, à l'image des suicides survenus à France Télécom auront eu raison du contrat confiance qui liaient les cadres à leur entreprise.
De la prise de distance avec l'entreprise aux nouvelles formes de contestation, la critique fait son chemin dans l'esprit de nombreux cadres. Ne plus rester en marge des processus décisionnels, contrecarrer l'emprise de la logique spéculative, penser l'organisation du travail pour un mieux vivre au travail, sont désormais autant d'actions et de débats que les cadres entendent porter par l'action syndicale comme une alternative à la falsification des discours managériaux. Sortir de la crise, c'est-à-dire dépasser la rationalité économique instrumentale, pour mettre fin à son emprise sur les consciences, est alors possible pour retrouver le chemin d'une réconciliation de la raison avec l'affirmation du sujet comme source de résistance.
Il s'agit alors de sonner le glas de l'arbitraire dans le management des collaborateurs pour retrouver les sources d'une motivation professionnelle et restaurer la dignité des hommes et des femmes au travail. Une action qui ne doit pour FO-Cadres rien déserter pour articuler connaissance et argumentation sur la dimension d'ensemble de l'économie et sur les revendications en matière de progrès et de justice sociale.
Eric PERESSecrétaire Général