Crise financière
De la folie spéculative à l'exigence de nouvelles régles financières
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Par leur folie spéculative, les apprentis sorciers de la finance et autres zins zins ont fini par mettre le feu à l'ensemble des places financières. L'incendie planétaire qui brule sur son passage des milliards de dollars n'est pas prêt de s'éteindre tant le vent de panique qui souffle sur le système bancaire, où la confiance a cédé le pas à la suspicion, ne cesse d'alimenter son ardeur.
Plus grave encore est la nature profonde et structurante de cette crise. Elle révèle l'inquiétante domination du pouvoir de la financiarisation sur l'économie de marché et la généralisation de la recherche de rendements improbables et irréalistes.
Face à cette dérive du capitalisme mondial et aux exigences des actionnaires , les salariés tout comme de nombreuses petites et moyennes entreprises se trouvent sans défense.
Quant aux entreprises qui demeurent rivées sur leur performance au point d'en oublier l'essentiel, tels des joueurs de tennis fixant le tableau des scores au lieu de suivre le mouvement de la balle, elles continuent de reporting en reporting à vouloir prendre le dessus des économistes, déstabilisant du même coup leurs propres cadres. Des cadres plus nombreux à penser que plus aucune entreprise n'est à l'abri d'une opération boursière visant à réaliser un profit immédiat par l'achat puis la revente des actifs les plus rentables. Le choix du court terme prenant ainsi le pas sur celui du temps de l'investissement et des projets.
Alors que faire ? Peut être serait-il opportun pour ne pas dire urgent de revenir aux fondamentaux, au rôle classique du système bancaire, à celui des investissements sans exigences de rentabilité irréaliste. Ce qui suppose l'exigence de régles internationales strictes, un retour à la normalisation et à l'intermédiation des échanges, une éxigence sociale sans laquelle le capitalisme financier continuera de régner sans foi ni loi.
Car le libéralisme que d'aucun juge comme une philosophie spontanée du milieu des affaires ne se pose jamais au milieu du vide ; il tire sa force du pouvoir de supprimer des réglementations en place dans un contexte de règles et de règlements déjà existants. Si l'on supprime certaines règles, on se retrouve alors dans le contexte des règles latentes, tacites, c'est à dire que l'on renforce les pouvoirs de celles et ceux qui en disposent déjà.
Eric PERES
Secrétaire général