TIC au travail
Le mieux est l'ennemi du bien
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Les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) sont largement utilisées par les cadres. Ils sont 70% à déclarer ne plus pouvoir s'en passer.
Les TIC contribuent à produire des quantités de données pour lesquelles il faut trouver le temps et les moyens de gérer. Or, l'évolution actuelle du travail nécessite des prises de décisions rapides. Situation devenue paradoxale pour les managers qui accèdent à de plus en plus d'informations mais qui ont de moins en moins de temps pour les traiter.
L'impact des TIC sur la souffrance au travail
Du fait de la quantité d'informations auxquelles ils ont accès, les cadres sont soumis à une forme de harcèlement médiatique. L'explosion des échanges par e-mails et par téléphone se mesure au quotidien. Les sollicitations sont de plus en plus nombreuses et deviennent difficilement contrôlables. Les technologies ont raccourci le temps et l'espace, augmenté le nombre de sollicitations et de ce fait augmenté la précipitation.
Les réponses aux sollicitations en temps réel ou en direct ont doublé entre 1986 et aujourd'hui, atteignant 40% des traitements. Le temps de réactivité se réduit: 81% des cadres déclarent qu'ils ressentent un nouveau sentiment d'urgence lié à la rapidité de transmission de l'information et aux attentes qui en découlent.
Les conséquences se ressentent au niveau de la santé. Les cadres, n'arrivant pas à trouver le temps de poursuivre des phases de travail et de réflexion sur une certaine durée, développent du stress et de l'anxiété. La première des causes de stress citée par les cadres est d'ailleurs la course après le temps.
De multiples outils d'information et de communication censés faciliter le travail des cadres
Aide à la prise de décision, amélioration du suivi client, raccourcissement des délais de livraison, suivi en temps réel de l'avancée des projets, les solutions logicielles font désormais partie intégrante du travail des cadres. Ces nouveaux logiciels sont censés faire gagner du temps aux cadres mais les fonctionnalités de plus en plus élaborées de ces outils contribuent à complexifier l'organisation du travail.
L'impact bénéfique sur la productivité des cadres n'est pas démontré. Au contraire, la dimension chronophage de ces logiciels est très importante. Tout d'abord, le temps d'entretien et de dépannage augmente et les dysfonctionnements se multiplient puisque la technique se complexifie. Selon une enquête européenne sur un million d'ordinateurs portables professionnels, 32% du temps d'utilisation est consacré à des « bricolages » et 8% des sessions de travail se terminent par une panne. Enfin, les temps d'apprentissage des logiciels sont de plus en plus conséquents bien que les fonctionnalités ne soient pas toujours toutes utiles.
Les TIC permettent à l'entreprise d'avoir un contrôle en continu du travail des cadres
Grâce au TIC, l'entreprise peut tout savoir du travail d'un salarié en collectant et en analysant en continu toutes sortes d'informations sur son travail (nombre et durée des appels passés, durée nécessaire pour traiter tel type de dossier...). Ceci dans le but d'imposer des grilles d'objectifs sans cesse plus fines.
Stress et TIC, un lien indiscutable
Les TIC contribuent à l'évidence à rationaliser le travail. Mais ce n'est pas tout : elles l'intensifient également et sont donc une source avérée d'anxiété. Elles interdisent aux cadres la moindre erreur au moment de la saisie d'une information : il est très facile de remonter jusqu'à l'auteur de cette erreur qui s'est répercutée dans l'ensemble de la société. Ensuite, elles induisent une surcharge d'informations, parmi lesquelles il faut faire un tri que l'on aurait pu s'éviter. Sans parler du fait qu'elles contribuent à brouiller la frontière entre temps et espace professionnel et personnel en permettant d'être accessible à tout moment.
Avoir accès à un grand nombre de données toujours plus nombreuses et complexes, ne signifie pas qu'on saura les traiter... Ce fonctionnement en urgence permanente n'appelle qu'une seule réponse physique : le stress.