Suicides liés au travail
Renault condamné pour faute inexcusable
22/12/2009
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Le 17 décembre 2009, le tribunal des Affaires de Sécurité Sociale de Nanterre a condamné Renault pour « faute inexcusable » à la suite du suicide d'un de ces cadres en octobre 2006. Celui-ci était ingénieur en informatique au Technocentre de Guyancourt (78) .
Le tribunal a estimé que l'entreprise «n'a pas pris les mesures nécessaires pour préserver son salarié du risque qu'il encourrait du fait de l'exercice de son activité professionnelle. »
En effet, Renault n'a pas intégré les questions de souffrance au travail dans l'évaluation des risques professionnels bien que la loi l'y oblige. Selon le tribunal, l'entreprise aurait dû vérifier "les capacités d'adaptation de ses personnels" à la nouvelle organisation mise en place lors du lancement du "Contrat Renault 2009".
Ce plan de relance ayant des "répercussions sur la santé mentale des salariés", le Tribunal considère qu'il aurait fallu "l'accompagner par des mesures de management appropriées".
Cette décision du Tribunal montre que les risques psychosociaux liés à l'organisation du travail et au mode de management sont désormais reconnus et qu'ils ne peuvent plus être niés par les entreprises.
Mais du chemin reste à parcourir. Une étude sur la santé au travail menée pendant deux ans par un réseau de médecins du travail dresse un portait accablant des risques psychosociaux provoqués par le travail. D'après cette enquête, 37% des femmes et 24% des hommes souffrent d'un mal-être profond.
Concernant les cadres, ils ne sont pas en reste. 70% d'entre eux sont surexposés à un facteur aggravant de risques psychosociaux : la forte demande psychologique. Le fait de devoir se « surinvestir » au travail ou encore d'accomplir des tâches contraire à leur conscience professionnelle serait ainsi une des causes principales de stress chez les cadres.