Réforme des retraites
les cadres inquiets !
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La réforme des retraites est en marche. Une réforme à pas forcés voulue par le chef de l'Etat et appuyée par le MEDEF. Une réforme qui laisse perplexe un grand nombre de cadres, inquiets des conséquences qu'elle aura sur leur retraite. .Et pour cause ! Censées soulager les générations futures d'un "fardeau" démographique, les réformes de 1993 et de 2003 ont précipité la baisse du taux de remplacement de leur retraite sans permettre un retour à l'équilibre des comptes des régimes.
En pourusivant une réforme axée sur un allongement de la durée de cotisation et/ou un report de l'âge, le gouvernement confirme son archarnement idéologique à répondre au problème des retraites par les mêmes mauvaises réponses. Pour les cadres qui ne sont pas épargnés par la croissance du chômage et qui entrent plus tardivement sur le marché du travail, de telles mesures aggraveront une fois de plus la situation sans apporter d'indispensables solutions au financement des retraites; une option jusque là réjettée tant par le gouvernement que par le Medef.
C'est cette inquiétude qui gagne les cadres sur le financement de leur retraite que révèle le baromètre Viavoice-HEC-Le Figaro Économie-France Inter-France 24 (mai 2010).
En voici les principaux résulats.
Une inquiétude massive des cadres concernant leur propre retraiteDe façon très largement majoritaire, 72 % des cadres se déclarent inquiets concernant le financement de leur propre retraite, dont 25 % "très inquiets". Parmi eux, les jeunes sont à peine plus confiants que leurs aînés : 69 % des 18-39 ans sont inquiets. La différence entre secteur public et secteur privé est également mineure : 75 % des cadres du public se déclarent inquiets, pour 70 % des cadres du privé.
Cette inquiétude générale des cadres signifie que leur situation professionnelle et financière relativement favorable ne les exonère pas des interrogations que se posent la plupart des Français. A ce titre, les cadres apparaissent comme des salariés comme les autres, et l'enjeu de l'avenir des retraites dépasse les clivages entre catégories socio-professionnelles.
Pour autant, un attachement des cadres au système de retraite actuel en FranceMalgré ces craintes, les cadres ne sont pas enclins à répudier notre système de retraite au bénéfice, éventuellement, d'une retraite par capitalisation. Au contraire, 62 % considèrent que "notre système de retraite est un atout pour la France et qu'il faut le préserver".
Les cadres du secteur public y sont plus attachés (73 %) que ceux du privé (54 %), mais cette opinion demeure largement majoritaire. A l'inverse, seuls 31 % des cadres pensent que notre système de retraite constitue "une contrainte" et qu'il faudrait le "transformer profondément".
Les inquiétudes massives des cadres, conjuguées à cet attachement au système de retraite "à la française" témoignent de l'acuité des enjeux auxquels l'exécutif est confronté. Elles imposent une réforme majeure mais au sein d'un dispositif de nature constante, et limitent de ce fait les marges de manoeuvre. Elles risquent, à terme, de fragiliser un système pour cause d'inefficacité réelle et perçue, alors que sa légitimité est pleinement reconnue et revendiquée.