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Interview de Jean Claude Mailly pour Courrier Cadres ( APEC )

"Il ne saurait être question de revenir en arrière sur les 35 heures"

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Pensez-vous que les 35 heures pour les cadres vont être remises en question et que préconisez-vous à ce sujet ?

La CGT-Force ouvrière considère qu'il ne saurait être question de revenir en arrière sur les 35 heures, que ce soit pour les cadres comme pour les employés. Nous ne pouvons pas oublier que les salariés ont été dans la majorité des cas contraints à accepter le gel des salaires sur 2 années au moins à quoi s'ajoute la flexibilité des horaires, une hausse du stress, etc. Et pour les cadres dans leur grande majorité les 35 heures ne se sont pas traduites par une baisse du volume du travail. Un représentant patronal a pu dire « vous allez travailler moins mais plus vite ! ». Récemment, un DRH nous confiait qu'il avait été étonné de constater que dans son entreprise, les cadres avaient majoritairement opté pour le forfait de jours de congés supplémentaires plutôt que pour la réduction d'horaire !

Les cadres avaient anticipé, bien entendu, que la flexibilité accrue des horaires leur retomberait finalement sur le dos. Difficile de refuser d'aller voir le patron parce qu'on est sur le point de partir ou d'arriver en retard à une réunion pour cause de RTT. On découvre maintenant que les 35 heures ont changé la relation entre l'encadrement et l'entreprise.

Dans ces conditions, il serait inadmissible de revenir en arrière, surtout si l'on considère que dans le même temps, les employeurs n'envisagent pas de renoncer aux aides à l'emploi prévues dans les lois Aubry.

Que pensez-vous de la possibilité de proposer aux cadres une augmentation de leur temps de travail assortie d'une augmentation de salaire ?

Dans les faits, cela revient à leur demander d'abandonner des jours de congé contre une compensation Or, ces congés sont prévus par la loi. Nous ne souhaitons pas qu'une négociation puisse les remettre en cause. De fait, il apparaît que peu d'entreprises sont réellement tentées par une remise en cause radicale.

Nous observons également que le coût horaire du travail en France est dans la moyenne des pays développés sauf si l'on tient compte des nouveaux membres de l'Union. D'ailleurs les entreprises du CAC 40 ont réalisé de confortables bénéfices en début d'année, preuve que les entreprises n'ont pas si mal « digéré » que cela les 35 heures.

Nous notons enfin que plusieurs études récentes font état d'un accroissement substantiel des pathologies dues au travail et que dans celles-ci, le stress occupe une part importante Il est donc dangereux de tirer encore sur la ficelle au risque d'attiser les conflits potentiels au sein des entreprises.

A vôtre avis, la loi sur les 35 heures appliquées aux cadres pèse-t-elle sur la compétitivité de nos entreprises ?

Il n'y a pas d'études qui corroborent cette question. La compétitivité ne se résume pas seulement à des coûts horaires. Depuis une décennie, le taux de rentabilité exigé par les actionnaires des entreprises a explosé. A la longue, cela compromet largement plus l'avenir des entreprises que les quelques jours de congés supplémentaires pris par un encadrement à qui on demande toujours plus.



Propos recueillis par Manuel Jardinaud pour Courrier Cadres ( APEC )

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Le 31 mai 2011,FO-Cadres a organisé une journée « Syndicalisation des cadres » qui a réuni près de 130 délégués syndicaux venant de toute la France.



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Qui n'a jamais été découragé en ouvrant sa boîte mail et en découvrant les 78 mails quotidiens dont au moins la moitié est accompagnée de la mention « urgent » ? « Découragé » est un faible mot, « stressé » conviendrait mieux !

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Près d'un an après l'arrêt de la Cour de cassation, la Cnil vient de modifier son autorisation unique qui fixe le régime simplifié de déclaration des alertes professionnelles.

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