FONCTION PUBLIQUE : 10 000 agents manifestent pour l'avenir de leur ministère
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Les personnels du ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement Durables (MEDAD) refusent l'externalisation de plusieurs missions clés du service publics dans le cadre d'une vaste réforme de l'Etat prévue après les municipales.
Une mobilisation est passée presque inaperçue la semaine dernière. C'est la manifestation des personnels du ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement Durables (MEDAD), à l'appel des syndicats FO, CGT, CFDT et FSU. Elle a pourtant rassemblé jeudi plus de 10.000 de ces fonctionnaires dans les rues de Paris. Tous entendaient protester contre les orientations prises dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (voir notre article du vendredi 14 décembre) et qui visent, expliquent les syndicats, à retirer «les missions et les compétences principales au MEDAD» et «à lui supprimer l'essentiel de ses services». Selon la Fédération de l'Equipement, de l'Environnement, des Transports et des Services FO (FEETS FO), «pour les usagers, c'est moins de service public et des coûts supplémentaires» et «pour les personnels, c'est plusieurs milliers d'emplois remis en cause et leur gestion et leurs statuts menacés».
Avec le regroupement en mai 2007 des anciens ministères en charge de l'Equipement, des transports, de l'Ecologie, du Logement et de l'aménagement du territoire, le MEDAD, qui est dirigé par Jean-Louis Borloo, avait hérité d'une trentaine de direction d'administrations centrales. Après une première réorganisation des services au niveau national, il ne reste plus que cinq directions centrales: ressources, climat, développement durable, transports et prévention des risques. Au niveau local, les préfets sont appelés, depuis le 23 janvier, à procéder à la fusion des directions départementales de l'équipement (DDE) et des directions départementales de l'agriculture et des forêts. Ces administrations déconcentrées qui sont aujourd'hui pilotées par le MEDAD, devraient à l'avenir être placées sous l'autorité des préfets de région et donc du ministère de l'Intérieur. Un comble au moment où le MEDAD «est censé être l'outil majeur de l'Etat pour mettre en oeuvre des décisions issues du Grenelle de l'environnement», déplore FO.
Et ces fusions-réorganisations ne sont pas sans conséquences sur les missions de service public. Les syndicats refusent, entre autres, l'externalisation ou la disparition de plusieurs missions dévolues aujourd'hui au ministère. Il en serait ainsi de la privatisation de l'ingénierie publique (expertise des ponts et chaussées et des voies d'eau) qui pourrait entraîner la suppression de 4500 emplois publics sur 5200. D'autres annonces ont fait état du transfert aux collectivités locales ou au privé des services de navigation à Voies navigables de France, des Ports autonomes et des missions dans les domaines de l'Eau ou de la Biodiversité. On se souvient aussi que la réforme de la sécurité routière avait poussé les trois quarts des inspecteurs du permis de conduire, qui dépendent du MEDAD, à se mobiliser massivement le 28 février contre la privatisation du service public des examens.
Le ministère emploie pas moins de 70.000 fonctionnaires et l'objectif gouvernemental serait de supprimer, d'ici 2012, deux postes pour un départ à retraite. Plus qu'une simple réorganisation, un vrai démantèlement, s'indigne FO, qui se félicite que les personnels se soient fortement mobilisés pour refuser «l'avenir dessiné par les orientations du gouvernement à travers la révision générale des politiques publique (RGPP)» et rejeter «la suppression des missions, des services, des compétences et des effectifs du ministère». Cette mobilisation devrait être suivie d'autres journées d'actions car toutes les décisions de cette cure d'amaigrissement – l'ensemble des ministères sont concernée – sont attendues près les municipales.
Source : Site Force Ouvrière